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Heu... mouais

Vendredi 9 janvier 2009
        Déniché, traduit et édité par celui à qui l'on doit Millenium, chez les mêmes "Actes Noirs" (éditions Actes Sud), La Princesse des Glaces appelle forcément la comparaison avec la célébrissime trilogie.
        Et c'est moins bon. Non mais vraiment moins bon. Disons que l'intrigue, que l'on ne dévoilera pas ici, enfin si, allez, juste le début : une magnifique jeune femme est découverte morte dans sa baignoire, nue et complètement gelée (la chaudière est en panne et c'est l'hiver en Suède, non ce n'est pas une blague), on pense au suicide en fait elle a été assassinée, bref l'intrigue est au final plutôt bien ficelée, et on finit quand même le livre, qui fait voler en éclats les apparences bourgeoises d'une petite ville de manière assez radicale.
        Mais le gros problème, c'est que c'est quand même globalement mal écrit. Ou mal traduit, ce qui était déjà un peu le cas pour Millenium (sans vouloir faire ma puriste,  je veux dire que franchement, on dirait que le traducteur a eu une nuit pour traduire les 400 pages et qu'il ne s'est pas relu).  Ou les deux.
        Et l'autre problème, c'est les histoires parallèles à l'enquête (notamment la bluette entre l'héroïne-narratrice, une copine d'enfance de la morte, et le flic chargé de l'enquête, absolument pathétique) qui alourdisent considérablement l'ensemble.
     
        J'ai lu ce livre parce que il était auréolé du succès de Millenium et de l'image de qualité littéraire des éditions Actes Sud ; j'ai lu ce livre parce que son image était porteuse ; j'ai lu ce livre parce que ça fait mieux de sortir des rayons un livre Actes Sud qu'un  Grisham ou Turow chez Albin Michel.
          Eh ben Turow écrit mieux.
          Je suis une fashion victim.
La Princesse des Glaces, Camilla Lackberg, RP LAC

Dernière minute : en réaction à quelques réflexions de mon estimée collègue sur le billet ci-dessus, je tiens à préciser certains points : petit un, non, je ne lis pas couramment le suédois, et petit deux, non, je ne m'instaure pas en censeur (censeuse ?). Ce que je fais, c'est juste donner mon avis, sur un livre, dire si je l'ai aimé ou non et pourquoi.  Je trouve certains livres admirablement écrits (La Route, de CormacMcCarty, et certains lourds et maladroits (La Princesse des Glaces). En tant que lectrice, j'ai tout de même le droit d'avoir un avis sur l'écriture d'un livre il me semble. Et là j'ai l'impression de mêtre fait avoir sur la marchandise, c'est tout.
Par la Médiathèque Amikuze
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Mardi 18 novembre 2008
Comme on a une nouvelle rubrique "Heu ...mouais", j'en profite pour lancer un petit débat à propos des adaptations cinématographiques des livres.
Voilà mon problème : après avoir lu "American psycho" de Bret Easton Ellis, un roman américain dans le cadre de notre expo, je me suis dit que ce serait une bonne idée, vu que BF avait commandé le DVD qui en était tiré, de regarder le film.
Alors me voilà devant ma télé, confortablement installée, avec un a priori plutôt favorable quant à ce que je vais visionner, et vous savez comme je suis difficile ! Car oui, j'ai bien aimé ce livre et j'étais curieuse de savoir comment le réalisateur l'avait compris et adapté, surtout la fin qui reste très énigmatique. Et là, l'horreur totale : l'acteur choisi ne correspond pas du tout à ce que j'avais imaginé, le réalisateur s'attarde sur des scènes qui pour moi étaient secondaires, passe trop vite sur ce qui me semblait important, etc., etc... Alors je commence à râler comme je sais si bien le faire, puis je me raisonne : je ne suis pas cinéaste. Je lutte un moment, j'essaie de rentrer dans l'histoire, de trouver des points positifs (c'est vrai que l'environnement de Pat Bateman avec son culte de la réussite et du matérialisme me parle un peu plus) et puis pof ! je m'endors ! c'est le générique de fin qui passait en boucle qui m'a réveillée...
Résultat : je ne sais pas si le film aurait pu éclairer ma lanterne pour comprendre la fin, et je n'ai plus aucune envie de le savoir, j'ai passé une soirée pourrie et en plus BF s'est moquée de moi le lendemain quand je lui ai dit que je m'étais endormie tellement je me suis ennuyée.
Alors je vous le demande, chers lecteurs, faut-il lire le livre avant de voir le film ou l'inverse ? Cette question me turlupine tellement que ça fait maintenant une bonne semaine que je tourne autour du DVD de "On achève bien les chevaux" en me disant "si je le regarde, ça va pas correspondre à mon image du livre et je vais passer encore une soirée à bougonner, mais si je le regarde pas et que c'est l'exception qui confirme la règle et que je passe à côté d'un chef d'oeuvre ?" Que dois-je faire ?
Heureusement je n'ai pas lu les livres dont les adaptations, Une histoire de famille et Appaloosa, doivent passer au Cinéma Saint Louis le vendredi 28 novembre à 20h pour clôturer notre expo ; donc, normalement je ne devrais pas tergiverser longtemps devant la porte pour savoir si je rentre ou pas. Et vous, vous ferez quoi le 28 ?
MB
 
Par la Médiathèque Amikuze
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Mercredi 12 novembre 2008

              C'est un fait rarissime parce que je suis une lectrice consciencieuse, limite psycho-rigide, bourrée de principes et que donc je termine toujours un livre, mais Le Livre de l'Amour, de Nicole Krauss, m'est tombé des mains. Malgré toutes les critiques enthousiasmées qui ont salué la parution de ce roman, je n'y suis pas rentrée du tout. C'est bien écrit (ah la la), intelligent (qu'est-ce qu'elle doit être intelligente), avec un peu de folie (mais pas trop) et un peu de gros mots (mais pas trop gros non plus), bien construit (mais alors un peu trop bien).

                    Et bien vous voulez que je vous dise ? J'ai trouvé ça à peu près aussi excitant qu'un plat de nouilles froides. Une absence totale de cette petite musique qui vous touche et peut vous bouleverser, des personnages aussi crédibles et vivants que je sais pas moi, la Martine de la série pour enfants. Artificiel et légèrement prétentieux. Et un petit côté guimauve quand même indigeste. Bon, allez, j'arrête. En plus j'exagère (un peu).
                 Pour la peine j'ai pris un bon roman noir, Le démon dans ma peau, de Jim Thompson (le mentor de James Ellroy, pour situer) et là, ça dépote. Ecrit au scalpel, bien que massacré par la traduction (vous avez déjà acheté une "glace portative", vous ? Comme la fille la mange la ligne d'après, j'en ai déduis qu'il s'agissait d'une glace à emporter (take away), bref, le portrait par lui-même d'un sherif qui, derrière des apparences bonasses,  zigouille à tout-va,  est autrement plus réjouissant.

                     Bien noir, mais c'est comme ça que je les aime.

                 Et bientôt sur ce blog, pour nos lecteurs qui en trépignent d'impatience, un mot de Richard Ford et de David Gates, et le résultat tant attendu de notre quizz.

(BF)

Par la Médiathèque Amikuze
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