Premier tome de la "Trilogie des confins",
De si jolis chevaux étreint le lecteur dans une voix qui est un souffle, puissant et poétique, incantatoire et saisissant. A la lecture de
certaines phrases de McCarthy, mon cœur s’accélère (va falloir que j’arrête, arrivée à un certain âge, ça peut être dangereux, en même temps ça
ferait un bel article dans le Journal de St Palais « mort mystérieuse d’une bibliothécaire, retrouvée inanimée, sa main serrant un livre de McCarthy ») (j’espère que j’aurai eu
le temps de le finir)(mais peut-être qu’au Purgatoire il y en aura un exemplaire).
On a parlé de Shakespeare en évoquant sa prose (et son univers j’imagine), je trouve ça assez juste, loin d’être
une spécialiste en la matière les pièces que j’ai lues m’ont elles aussi littéralement estomaquées, pleines de vitalité, de tension, et dans ce même ton cru et charnel.
Comme son titre l’indique, De si jolis chevaux parle de chevaux
(c’est pas très difficile à suivre McCarthy). Le héros est jeune et beau (enfin moi je l’ai vu beau), cavalier d'exception, et avec son meilleur ami, ils quittent leur Texas natal quand la
vie des ranchs s’arrête pour eux, afin de poursuivre un idéal de vie au plus près de la nature et des chevaux telle qu’elle existe encore au Mexique.
C’est une véritable Odyssée qu’ils vont entamer, faite de rencontres, de meurtres, de dressage de chevaux, de problèmes d’honneur, d’amour impossible et de chevauchées interminables dans des
paysages de début (ou de fin) du monde. C’est absolument magnifique, haletant, et d’une violence et d’une beauté rares.
BF
De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, R
McC